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ADAMI Valerio
(1935)
"Libérer la main de la dépendance du regard"
Valerio ADAMI - Biographie détaillée

Valerio Adami est un peintre italien né à Bologne le 17 mars 1935. Il vit et travaille à Paris une moitié de l’année, le reste du temps à Monaco, en Italie ou en Inde.

Après avoir étudié le dessin à l'Académie de Brera, dans l'atelier d'Achille Funi, entre 1951 et 1954, Valerio Adami peint des toiles influencées par l'expressionnisme. Lors de son premier voyage à Paris (1955), il rencontre Wilfredo Lam et Roberto Matta. Il obtient sa première exposition personnelle à Milan en 1957. À partir de cette date, il partage sa vie entre l'Italie et Paris tout en effectuant de nombreux voyages à travers le monde : Amérique du sud, Inde (1957), Cuba (1967), Mexique (1970), etc.

Au cours des années 1970, Adami s'affirme comme un des représentants notables de la Nouvelle figuration. Il développe un style pictural caractérisé par un dessin élaboré, que la couleur a pour fonction de détourner, modifier ou amplifier. Ses œuvres se singularisent par la saturation des surfaces coloriées où ne subsiste aucun blanc, aucune trace d’ombre, de doute ou d’inachèvement.

Il définit le tableau comme « une proposition complexe, où des expériences visuelles antérieures forment des combinaisons imprévisibles Â». Le caractère figuratif de ses œuvres, minutieusement élaboré par de nombreux dessins préparatoires, ne doit pas faire illusion : il s'agit d'une reconstruction de la perception visant à l'appropriation d'images et non une référence directe à la réalité vue (« le tableau n'est pas fait de la même substance que la vision Â»). Les personnages, objets, paysages s'articulent en des compositions complexes où les rapports classiques d'espace et de profondeur sont entièrement bouleversés.

En 1970, Adami s'installe à Paris où l'ARC — au Musée d'art moderne de la Ville de Paris — lui consacre une exposition. En 1971, il expose pour la première fois à la Galerie Maeght. En 1985, son œuvre fait l'objet d'une importante rétrospective au Centre Georges-Pompidou.

Son travail sur la mémoire, individuelle puis collective, le conduit à aborder dans les années 1970 des portraits de célébrités – James Joyce, Freud, Walter Benjamin – puis des paysages et des événements historiques – la Révolution française – intégrant des mots-titres peints avec soin qui font autant référence à la peinture ancienne qu’aux techniques audiovisuelles. L'importance attachée par Adami à la composition et au dessin, la manière dont il rapproche des éléments culturels, a été commentée par des philosophes comme Gilles Deleuze ou Jacques Derrida. Avec ce dernier, Adami réalise un « placard » pour Glas, qui deviendra une icône du déconstructivisme.

Adami a exécuté des peintures murales à grande échelle pour divers bâtiments publics : notamment en 1973-1974 pour la First National City Bank de Madison et en 1989 pour le foyer du Théâtre du Châtelet à Paris. Il réalise également huit vitraux pour l'hôtel de ville de Vitry-sur-Seine (1985) et des tableaux monumentaux pour la Gare d'Austerlitz à Paris (1986).

Depuis 2005, il est représenté par la Galerie Daniel Templon à Paris.