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UBAC Raoul
(1910-1985)
Raoul UBAC - Biographie détaillée

Raoul Ubac, peintre non figuratif français d'origine belge appartenant à la nouvelle École de Paris, naît à Malmedy (Wallonie) le 31 août 1910. La famille de sa mère exploite une tannerie, son père est juge de paix. Il fait ses études en Belgique, parcourt à pied une partie de l'Europe et effectue en 1928 un premier séjour à Paris. Après s’être inscrit à la Sorbonne pour y suivre des études de lettres, il change de voie et décide de fréquenter les Académies d’art de Montparnasse. Il noue des contacts avec les surréalistes.

Ubac se passionne pour la photographie d'esprit surréaliste. Il s'inscrit à l'École d'arts appliqués de Cologne, où il travaille le dessin et la photographie. Il s'éloigne alors de la peinture. Au cours d'un voyage en Dalmatie en 1932, il réalise des assemblages de pierres qu'il dessine et photographie. En collaboration avec Camille Bryen, Raoul Ubac publie en 1934, sous le nom de Raoul Michelet un recueil de poèmes et de photographies. A partir des années 1930, il se consacre à la lithographie, à la gravure. Il fréquente, de 1935 à 1938, l’Atelier 17 de Stanley William Hayter où il se forme à la gravure au burin, une technique qu'il associe à la photographie. Il partage de 1936 à 1939 toutes les activités des surréalistes, côtoyant Hans Bellmer, Benjamin Péret, Victor Brauner et Raoul Hausmann. À partir de 1936, il s'engage dans une série de photographies autour du Combat de Penthésilée, il combine de multiples procédés : association de négatifs, surimpression et solarisation, superposition ou décalage du négatif et du positif, qui donne une impression de pétrification, soufflage, fumage, brûlage ou voilage du cliché. Ses « brûlages » font évoluer son art vers l’abstraction lyrique. Certaines de ses photographies sont publiées dans la revue Minotaure; André Breton lui commande en 1938 la photographie des mannequins présentés à l'Exposition internationale du surréalisme.

En 1940, il dirige avec René Magritte la revue L'invention collective. En 1941, il participe à sa dernière exposition de photographies. A la même époque, il rencontre le poète Jean Lescure (il illustre son Exercice de la pureté) et participe à la revue Messages. Par ce biais, il rencontre Paul Eluard, André Frénaud, Raymond Queneau et Jean Bazaine.

La guerre l'éloigne petit à petit du surréalisme : il commence dès 1939 de dessiner à la plume des objets simples (verres et flacons, fruits et pains, ciseaux ou couteaux posés sur une table). Il abandonne la photographie en 1945. En 1946, il ramasse un éclat d'ardoise et commence avec un clou à la graver, réalise des gouaches sur le thème des Têtes. Il crée des empreintes où sculpture et gravure semblent se combiner. Les lignes sont dépouillées, les oeuvres ont un caractère mystique. Les recherches sur les formes et les couleurs des artistes non figuratifs l'aident, dit-il, « Ã  faire l'effort d'aborder ces problèmes sans passer par les phantasmes Â» dont il avait été tributaire. Raoul Ubac aborde à nouveau la peinture, à l'œuf, pour une série de Personnages couchés.

À partir de 1951, la galerie Aimé Maeght expose régulièrement ses gouaches et ses toiles. Elle éditera gravures et lithographies de l’artiste. La revue « Minotaure » publiera ses photos-reliefs. Ubac ne cesse de graver des ardoises qui deviennent des reliefs et dont il introduit en 1955 des fragments dans ses tableaux. Son oeuvre, grave et profonde, se bâtit. L’engagement de Raoul Ubac dans sa création est total, quasi religieux ; sa manière se simplifie, retrouvant peu à peu la façon très pure des arts primitifs. Méditatif, l’artiste déclare dans une interview : « Je souhaiterais un état d’innocence qui réfléchirait à travers l’oeuvre la splendeur du monde ».

Dans les années 1960, Raoul Ubac exécute des peintures sur de grands panneaux recouverts de résines amalgamées (sur les Labours et des Sillons, les Corps et les Torses) ainsi que des haut-reliefs et décors muraux pour des édifices publics et privés. Il réalise, entre autres, les vitraux de l'église de Varengeville-sur-Mer (en 1961, avec Georges Braque), des mosaïques et tapisseries pour la chapelle de la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence (1967). Il a illustré de ses dessins, gravures et lithographies une trentaine de livres : André Frénaud, Yves Bonnefoy, Christian Dotremont, Lucien Scheler, Claude Esteban, Jacques Dupin. Il est aussi l'auteur de la couverture de la revue Argile publiée chez Maeght de 1973 à 1981.

Des œuvres d'Ubac sont présentées dans de nombreux musées de France et d'Europe. Raoul Ubac est mort en 1985 à Dieudonné.